Sympathy for the Devil

De la culture élitiste à la culture populaire, le Diable s’est imposé dans tous les types d’art. La peinture, la musique et la littérature s’en sont inspirées, mais aussi le cinéma, où depuis 1896 avec Le manoir du diable de Méliès, il s’est constitué une impressionnante filmographie. Il n’y a jamais eu qu’un seul Diable. Lucifer s’est toujours insinué dans les différentes religions et cultures, prenant une multitude de noms et de formes. Au cinéma, ce répertoire s’est enrichi de nouveaux visages. Outre le personnage classique, tout en grandeur et monstruosité, on l’a vu incarner un urbain branché, un vagabond, un cul-terreux, un extraterrestre et même un héros de dessin animé. Il a aussi interprété une créature de lumière, un libérateur sexuel, dans le porno chic et ailleurs, mais, derrière ses nombreux avatars, apparaît le plus souvent en filigrane son archétype chrétien, celui du séducteur rusé en quête de nos âmes.

Sur fond de Sympathy for the Devil, notre sélection de neuf films datant de 1934 à 1986 se veut un reflet de cette diversité. On y retrouve les thèmes habituels du culte satanique, des pactes faustiens et de la possession, mais dans des genres aussi divers que le drame historique, la tragicomédie, la fable poétique ou l’horreur pure. Après 114 années de cinéma, le Diable n’a rien perdu de son actualité : son charisme et ses multiples facettes en font un anti-héros universel qui n’est pas près de quitter le devant de la scène.