Post-apocalypse

Parmi les nombreux thèmes du cinéma de science-fiction, il en est un finalement assez peu abordé, celui qui se propose de dépeindre ce que pourrait être notre monde après l’Apocalypse, ce mot étant pris dans le sens d’une extinction de l’espèce humaine consécutive le plus souvent à un conflit nucléaire généralisé. Extinction toute relative, d’ailleurs, puisque les scénaristes des dix films présentés dans cette rétrospective s’imposèrent, lois du spectacle obligent, de laisser traîner par-ci par-là dans les décors de cauchemar quelques rescapés retournés à la barbarie des origines et donc plus sauvagement agressifs que jamais.

Concernant les têtes d’affiches de ces films, outre Harry Belafonte, Mel Gibson, Kurt Russell ou Michel Serrault, on retiendra surtout Charlton Heston et Yul Brynner, et on notera avec intérêt que ces deux stars farouchement antagonistes dans Les Dix Commandements de Cecil B. de Mille en 1956, puis, séparément, grands spécialistes devant l’Eternel de rôles édifiants à connotation biblique (Ben Hur en 1959, pour le premier, Le roi Salomon, la même année, pour le second), se sont admirablement reconvertis au cours des deux décennies suivantes dans l’anticipation pessimiste, l’un, notamment, dans La planète des singes (1968), puis Soleil vert (1973), l’autre dans Mondwest (1973), puis Les rescapés du futur (1976). 

Tous les films de cette rétrospective, certes, appartiennent au passé, mais le message implicite ou explicite qu’ils délivrent n’a rien perdu, lui, de son actualité. En substance : « Arrêtons de jouer les apprentis sorciers comme nous en avons pris la déplorable habitude depuis un demi-siècle, d’autant qu’aujourd’hui la catastrophe écologique, la pénurie énergétique et l’hécatombe pandémique se sont ajoutées à la bonne vieille guerre atomique de papa sur la liste, hélas extensible, des causes potentielles d’une apocalypse fraîche et joyeuse.