El Santo

Le Mexique et la lucha libre, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plus de 70 ans, si forte qu’elle a conduit le célèbre écrivain mexicain Carlos Monsivais à étudier ce qui pousse les Mexicains à se rendre dans des arènes pour y encourager ou huer leurs héros ou leurs méchants. Parmi ces héros, Rodolfo Guzmán Huerta, plus connu sous le nom d’El Santo. Sa popularité était telle que la série de BD El Santo, lancée en 1952, a duré 35 ans. S’il n’a disposé que de moyens de production faibles par rapport à Hollywood, ses films n’en restaient pas moins des films d’exploitation extrêmement divertissants. Mégastar du catch mais aussi acteur idolâtré par les femmes, Santo avait trouvé la formule gagnante : des momies de Guanajuato à La Llorona («la pleureuse»), il a affronté une flopée d’ennemis surnaturels. Si la plupart étaient issus de la mythologie mexicaine, il s’est ensuite également attaqué aux Frankenstein, Dracula et autres loups-garous hollywoodiens. C’est en 1961 que sa carrière cinématographique a décollé avec son troisième film, Superman contre les Zombies, suivi par plus de 50 autres de 1961 à 1982. Quatre d’entre eux sont diffusés régulièrement la nuit parmi les films de séries B sur les chaînes américaines, tandis que l’un de ses meilleurs opus, Superman contre les femmes vampires, a été repris dans la série culte acclamée par la critique, Mystery Science Theatre 3000. A la fin des années 1970, son stock de monstres s’épuisant, Santo s’est retrouvé aux prises avec des Bruce Lee en herbe ou des méchants à la frontière avec les Etats-Unis. Mais, peu à peu, les films de catcheurs super héros ont entamé leur déclin et Santo s’est retiré du ring et du cinéma en 1982, à l’âge de 65 ans. Il est devenu un véritable héros populaire, dont la légende se perpétue grâce aux multiples hommages qui lui sont rendus aujourd’hui sous différentes formes : dessins animés, cinéma et catcheurs prenant modèle sur lui.

Avec nos remerciements à Gerardo T. Cummings Rendón